L’impact environnemental du démantèlement de la centrale de Fessenheim à travers l’analyse du cycle de vie
Cet article présente une synthèse des travaux d’évaluation des impacts environnementaux du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim, réalisés dans le cadre du projet CO2InnO en utilisant l’approche de l’analyse du cycle de vie (ACV). Sur le plan radiologique, une étude comparative de l’approche classique d’évaluation des risques avec deux méthodes ACV récemment développées suggère que le démantèlement n’implique pas d’impact sanitaire notable. Dans les conditions les plus défavorables, ce dernier implique une exposition sur 15 ans 400 fois inférieure à l’exposition moyenne annuelle. Le plan de démantèlement initial d’EDF (2020) a permis une étude ACV pilote des activités de démantèlement dans leur globalité. La phase de démolition est majoritaire dans le bilan environnemental (81-85 %), en raison des masses considérées et le processus de découpe des métaux (62-99 % selon l’indicateur). En intégrant des données supplémentaires issues de l’étude d’impact réglementaire publiée par EDF en 2024, plusieurs leviers de réduction des impacts sont comparés : remplacement de la découpe thermique par de la découpe mécanique, conservation des bâtiments non nucléaires et optimisation des transports. La combinaison de ces leviers permettrait de réduire les impacts jusqu’à 68 %, ramenant la contribution du démantèlement à l’empreinte carbone du cycle complet du nucléaire de 9,7 à 3,3 %. Si certains de ces leviers sont aisément actionnables, la conservation des bâtiments se révèle une problématique conditionnée par un cadre juridique encore peu adapté, à la croisée du droit des déchets, des installations nucléaires, et de la gouvernance relative à la reconversion du site.




