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Français

S’organiser pour produire du démantèlement : de la fabrique d’une stratégie de démantèlement à sa mise en oeuvre

Stéphanie Tillement

Date | horaire

06/07/2026 | 14h - 15h

Inscriptions

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Résumé de la conférence

D’activité invisible, ou invisibilisée, le démantèlement est devenu une activité stratégique. Le travail de démantèlement s’est transformé, passant d’une activité traitée discrètement (Blanck, 2021), de manière quasi artisanale, à une activité organisée de manière industrielle. Ce mouvement s’est accéléré ces 10 dernières années, pour des raisons multiples. Parmi celles-ci, l’augmentation importante du nombre d’installations nucléaires arrêtées, en particulier les installations dites « historiques », et la montée en puissance d’une préoccupation sociale et politique pour la fermeture d’installations à risques et la gestion des héritages toxiques. Dans le contexte nucléaire français récent, la relance du nucléaire y a aussi contribué, la démonstration par les exploitants de leur capacité à démanteler leurs installations devenant une condition à la construction d’installations nouvelles. Ce mouvement, s’accompagnant d’une mise en politique du démantèlement, s’est traduit par la fabrique d’une stratégie de démantèlement, impliquant les exploitants nucléaires et le régulateur. Dans cette présentation, nous reviendrons sur les principes sous-tendant la stratégie d’un exploitant nucléaire français, et surtout, sur la traduction concrète, dans l’organisation et dans les pratiques de démantèlement, de cette stratégie. Nous nous appuierons sur une enquête en cours, menée avec cet exploitant nucléaire, condition d’accès aux acteurs du démantèlement et à leur situation de travail, prenant pour point de départ le constat d’une difficile maîtrise des projets de démantèlement. Privilégiant une approche qualitative et enracinée, nous montrerons en quoi l’organisation du travail de démantèlement se heurte à une tension entre logique de contrôle et démarche d’enquête. Nous discuterons comment cette tension met à l’épreuve la maîtrise de ces projets et interroge ce que « produire du démantèlement » signifie, obligeant à une redéfinition des exigences associées.

Courte biographie

Maîtresse de conférences en sociologie au département interdisciplinaire de sciences sociales (DI2S) d’IMT Atlantique et chercheuse au LEMNA.

Lectures conseillées

Blanck, J. (2021). Déconstruire l’héritage nucléaire: le démantèlement des installations du Commissariat à l’Énergie Atomique. VertigO. La revue internationale en sciences de l’environnement, (Hors-série 35).

Garcias, F. et Tillement, S. (2024). L’industrie nucléaire civile : pour une histoire organisationnelle. Entreprises et histoire, 114(1), 6-20. DOI

Garcias, F. et Tillement, S. (2024). « Face au mur énergétique » : industrie électronucléaire et planification dans la France post-plan Messmer. Entreprises et histoire, 114(1), 140-160. DOI

Tillement S. & Garcias F., « ASTRID, back to the future: Bridging Scales in the Development of Nuclear Infrastructures », Nuclear Technology, 207(9), American Nuclear Society, 2021. DOI

Bretesché, S., S. Tillement, B. Geffroy, B. Journé (dir.), Enquêter dans le nucléaire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le sens social », 2022, 402 p. ISBN : 978-2-7535-8312-2.

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