Liste des projets lauréats :
La territorialité des politiques de diffusion de l’information des centrales nucléaires : le rôle des CLI (Commission Locale d’Information)
Porteurs : Valentine Erné-Heintz (IDEES), Eric Maire (LIVE)
Montant de la subvention accordée : 5 000 EUR
Ce projet de recherche s’inscrit dans la problématique de la gouvernance territoriale
du démantèlement des centrales nucléaires, en étudiant le rôle des Commissions locales d’information (CLI) en France et leur capacité à associer les populations locales aux débats. Il s’appuie sur les premiers travaux du projet EDEPEN (en cours de finalisation), qui a analysé les CLI des centrales de Fessenheim, Brennilis et Chooz. L’objectif est de comprendre comment les riverains deviennent des acteurs sociaux dans le cadre du démantèlement, en s’organisant (ex. : communautés d’intérêt) pour influencer les débats et modifier la gouvernance du risque nucléaire. Le projet vise aussi à évaluer l’efficacité des CLI françaises dans la diffusion de l’information et la concertation.
Étude de la perception des apports des jumeaux numériques à la santé et sécurité au travail lors du démantèlement nucléaire
Porteur : Giovanny Arbelaez Garces (ICUBE)
Montant de la subvention accordée : 5 000 EUR
Le démantèlement des centrales nucléaires pose des défis majeurs en termes de sécurité, de radioprotection et d’ergonomie. La technologie du jumeau numérique – modèle virtuel interactif
de l’installation réelle – permet de simuler à l’avance les opérations de démantèlement dans un environnement immersif, pour mieux planifier les tâches à accomplir et limiter l’exposition humaine aux risques. L’objectif de ce projet est d’évaluer comment l’utilisation de jumeaux numériques en réalité virtuelle (VR) peut améliorer la santé-sécurité au travail (SST) pendant le démantèlement. Un scénario d’intervention sera reproduit (modèle 3D d’une pièce de centrale, opérateur-avatar en mouvement capté) grâce à un démonstrateur VR. Les opérateurs et responsables du démantèlement (notamment EDF et prestataires industriels) seront ensuite sondés par questionnaires et entretiens semi-directifs, après leur avoir fait tester le scénario. L’objectif est de mesurer leur perception des bénéfices : meilleure préparation des opérations, réduction de la fatigue cognitive, de l’anxiété ou des risques, contribuant au bien-être et à la sécurité des travailleurs. Ce travail permettra de dégager des recommandations concrètes pour intégrer les jumeaux numériques dans la planification opérationnelle et la formation SST du secteur nucléaire.
Mobilité des éléments traces dans les sédiments des réservoirs latéraux du Rhin supérieur
Porteure : Teba Gil-Diaz (ITES)
Montant de la subvention accordée : 7 000 EUR
La fermeture et le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim marquent une étape majeure pour le Rhin supérieur. Dans ce contexte, l’OHM Fessenheim met en place un dispositif d’observation pour mieux comprendre les évolutions environnementales associées. Alors que les travaux existants se concentrent sur le chenal principal du Rhin, les milieux latéraux (barrages et polders) jouent un rôle essentiel dans la circulation des sédiments et des éléments inorganiques transportés par les particules. Ces zones agissent à la fois comme des réservoirs et des transformateurs de sédiments : les barrages piègent les particules, tandis que les polders les redistribuent lors des crues. Ces milieux présentent des conditions géochimiques particulières et influencent fortement la rétention ou la remobilisation d’éléments traces, dont certains sont analogues chimiques de radionucléides ou liés aux matériaux des réacteurs nucléaires. Le projet vise à mieux comprendre la géochimie naturelle de ces éléments dans les réservoirs latéraux. Quatre axes principaux sont développés : (i) caractériser la composition minéralogique des sédiments déposés, (ii) identifier la répartition des phases porteuses d’éléments traces ciblés, (iii) évaluer leur mobilité potentielle lors de remobilisations sédimentaires à travers des tests de désorption en conditions oxiques, et (iv) intégrer une dimension spatiale en comparant les résultats entre sites amont et aval afin de mettre en évidence les variations le long du cours du Rhin. Cette première caractérisation permettra de déterminer si les barrages et les polders constituent des réservoirs sensibles pour des éléments ciblés et de préciser les mécanismes en jeu. Elle fournira une base de référence essentielle pour l’OHM Fessenheim et contribuera à structurer un suivi environnemental durable des zones latérales du Rhin supérieur.
Ni-RACS — Quantification du Nickel-63/59 dans des déchets métalliques par approche RAdioChimique et Simulation
Porteur : Lu Liu (IPHC)
Montant de la subvention accordée : 7 000 EUR
Le démantèlement des installations nucléaires représente un défi scientifique et technique majeur, notamment pour la gestion des déchets radioactifs. Les matériaux métalliques, utilisés pour leur résistance mécanique et leur tenue à la corrosion, peuvent devenir radioactifs par irradiation neutronique et doivent être caractérisés radiologiquement avant leur stockage ou leur recyclage. Parmi les radionucléides présents dans ces matériaux, le Ni-59 et le Ni-63 occupent une place particulière, comme le nickel constitue une fraction importante des alliages métalliques. Toutefois, en l’absence d’émission gamma, ces isotopes sont classés parmi les radionucléides difficiles à mesurer (DTM). Leur quantification repose ainsi sur des simulations, complétée une approche destructive (échantillonage – dissolution – séparation radiochimique – mesure) destinées à améliorer la fiabilité des résultats et à réduire les incertitudes associées. Ce projet vise à développer une méthodologie interdisciplinaire pour quantifier précisément le Ni-59/63 en combinant séparation radiochimique et simulation numérique. L’objectif final est de proposer une méthodologie robuste pour améliorer la caractérisation du Ni-59/63 dans les déchets métalliques activés, notamment en abaissant les limites de quantification. Cette approche contribuera à optimiser la gestion et le stockage des déchets et pourra également favoriser le recyclage des métaux, tout en assurant leur traçabilité radiologique.
Les fleuves aménagés vus du ciel : collecte et analyse de photographies aériennes obliques pour documenter la trajectoire socio- environnementale du Rhône et du Rhin (1910-1970) – interOHM
Porteur : Fanny Arnaud (EVS)
Montant de la subvention accordée : 7 000 EUR
La photographie aérienne est un support très utilisé pour analyser les transformations territoriales. Son développement au début du XXème siècle offre profondeur temporelle et finesse spatiale, en particulier à travers les prises de vue obliques, très répandues avant les campagnes verticales systématiques de l’IGN. Les clichés obliques captés à basse altitude et sous un angle proche de la vision humaine, restituent avec précision les formes du paysage et ont servi à documenter les mutations rapides de l’après-guerre. Pourtant, leur exploitation scientifique demeure limitée, contrairement aux photographies verticales. Un premier travail réalisé en 2025 dans l’OHM Vallée du Rhône a permis de compiler 377 photographies obliques sur le Rhône à partir du portail Remonter le temps de l’IGN. La base de données a été décrite par des métadonnées enrichies, intégrée dans une photothèque et valorisée dans un data paper (Arnaud et al., 2025). Le présent projet vise à étendre cette démarche à d’autres fonds (LAPIE, musée Nicéphore-Niépce, EDF) et à un autre grand fleuve : le Rhin supérieur. L’objectif est d’éclairer les trajectoires socio-environnementales du Rhône et du Rhin au cours du XXème siècle, d’en comparer les dynamiques fluviales et de documenter les aménagements. Il s’agit de mettre en application les perspectives de recherche identifiées dans Arnaud et al. (2025), notamment en mobilisant la technique du monoplotting pour reconstituer en 3D les paysages
fluviaux, ouvrant la voie à des analyses quantitatives innovantes. Il s’agit également de valoriser un matériel original et méconnu, et de formaliser une collaboration entre les OHM Vallée du Rhône et Fessenheim autour de l’étude géo-historique des deux fleuves.
CALENDRIER
| Ouverture de la plateforme de soumission : | 01 novembre 2025 |
| Fermeture de la plateforme de soumission : | 01 décembre 2025 |
| Publication des résultats de l’appel : | courant décembre 2025 |
| Durée des projets : | 12 mois (janvier – décembre 2026) |
IMPORTANT
- Les gratifications sont éligibles mais limitées.
- Les dépenses de salaires ne sont pas éligibles.
- La totalité des montants accordés devra être engagée sur l’année civile 2026.
- Les dépenses de « petits matériels » sont éligibles jusqu’à 3 000 EUR.
- Les dépenses d’équipement ne sont pas éligibles.
- Il est impératif que l’unité gestionnaire soit CNRS. Les porteurs du site strasbourgeois n’ayant pas de tutelle CNRS peuvent contacter l’OHM Fessenheim pour un éventuel rattachement à son unité d’adossement (UMR 7362 LIVE).
- La subvention demandée ne devra pas dépasser la somme indicative de 10 000 EUR.
- Tout porteur est invité à se créer un compte sur le site du DRIIHM pour pouvoir accéder directement à la plateforme de saisie en ligne. Étape préalable obligatoire au dépôt de projet. Pour aider les porteurs à préparer au mieux leur soumission, un guide de saisie en ligne est fourni. Il regroupe tous les éléments à renseigner sur la plateforme en ligne (téléchargeable un peu plus bas).
- Merci de prendre connaissance de l’intégralité du texte d’appel de l’OHM Fessenheim ET du document de cadrage général du LabEx DRIIHM.
FICHIERS COMPLÉMENTAIRES
TEXTE DE L’APPEL : FRANÇAIS | ENGLISH
CADRAGE GÉNÉRAL – DRIIHM : PDF
Contexte
L’OHM Fessenheim a été créé en 2018 par le CNRS Écologie & Environnement avec le soutien conjoint du CNRS Nucléaire & Particules, Sciences Humaines & Sociales, Science & Univers, et de l’Université de Strasbourg. Il est le 13ème OHM à voir le jour et à rejoindre le LabEx DRIIHM, qui fédère 14 OHM au total en France et à l’étranger.
L’OHM Fessenheim construit ses recherches autour du suivi, sur le temps long, de l’évolution des dynamiques territoriales, sociales, économiques, et environnementales d’un territoire transfrontalier soumis à la fermeture et la déconstruction d’une installation nucléaire de base : la centrale nucléaire de Fessenheim.
À travers les appels à projets et les thèses qu’il a pu cofinancer depuis son lancement, l’OHM Fessenheim s’est appliqué à renseigner en partie le temps zéro de l’observation (état « pré-fermeture »), à explorer / éprouver des méthodologies de suivi de l’évolution du socio-écosystème impacté, de documenter la reconfiguration de réseaux d’acteurs, les transformations socio-économiques, et d’interroger les perceptions du territoire ou celles du risque nucléaire.
Dernièrement, une partie des travaux de l’observatoire s’est recentrée sur les questions liées au démantèlement : ses impacts environnementaux et sanitaires, sa mise en œuvre à l’échelle du territoire et les stratégies de reconversion associées.
Thématique prioritaire
Ce nouvel appel d’offre entend perpétuer ce renforcement thématique. Il vise à mettre un point focal sur le démantèlement d’installations industrielles, spécifiquement nucléaires, et les enjeux associés.
Démantèlement, déconstruction, déclassement, sont autant de notions que nous souhaitons interroger, de même que leurs impacts sur tout compartiment de notre socio-écosystème de référence : le « territoire post-centrale nucléaire de Fessenheim ». Volontairement, ce « territoire » n’est pas borné a priori, les échelles d’impact pouvant différer selon les sujets considérés.
Le thème du démantèlement recouvre plusieurs domaines de recherche allant des questions techniques, métrologiques, aux questions de politiques publiques ou ayant trait à la santé au travail, à la mémoire, la patrimonialisation, etc. Cette énumération ne se veut pas exhaustive.
Cet appel se destine autant à venir compléter / approfondir des études en cours de réalisation sur le démantèlement et soutenues dans les appels précédents, qu’à explorer d’autres pistes de travail s’insérant dans l’intention décrite plus haut.
Des études comparatives avec d’autres sites français ou à l’étranger permettant in fine d’éclairer « le cas Fessenheim » peuvent aussi être envisagées et seront appréciées.
L’OHM Fessenheim a pour objectif d’éclairer une communauté interdisciplinaire, d’instaurer et d’animer un dialogue entre disciplines et entre institutions (recherche académique, collectivités locales, acteurs du nucléaire, associations, etc.). Une attention particulière sera accordée aux propositions mettant en œuvre ce dialogue. Ce peut être par la méthodologie préconisée pour l’étude, par les modalités de valorisation/restitution envisagées, ou encore par la diversité des partenaires impliqués. À noter que l’observatoire lancera désormais des appels à projets tous les ans sur des modalités financières similaires (voir ci-dessous). Au besoin, apparaît donc l’opportunité pour les porteurs de voir leur projet reconduit sur plusieurs années en en motivant la demande à chaque appel. La reconduction sera laissée à l’appréciation du comité de direction de l’OHM Fessenheim.
Tous les détails sont disponibles dans le texte de l’appel




